Consultation sur les rythmes scolaires -
novembre 2010

Pour la CGT, les multiples facettes de la question des
rythmes scolaires, la variété des niveaux auxquels cette question se pose, en
font une question qui intéresse l’ensemble de la communauté. De ce point de vue
la volonté du Ministre Luc Chatel d’organiser une consultation elle-même à
plusieurs niveaux peut sembler constituer une initiative des plus heureuses
répondant à une exigence démocratique.
En imposant sans discussion
possible les récentes réformes dans l’Education Nationale le gouvernement ne
s’est pas préoccupé des rythmes scolaires mais seulement de faire des économies
budgétaires. Pourtant ces réformes ont des incidences importantes comme:
- la réduction de 2 heures sur l’horaire
de la semaine scolaire et le passage à la semaine de quatre jours.
- la réduction d’une année de formation en
lycée professionnel (bac pro en trois ans au lieu de quatre).
- la réforme de la classe de seconde
générale et technologique.
La CGT, qui n’avait pas été consultée, avait pourtant
dénoncé ces effets néfastes.
La CGT ne saurait accepter une décision quelconque sur les
rythmes scolaires sans qu’une véritable concertation de tous les acteurs
concernés soit organisée en se donnant véritablement le temps d’une réflexion
approfondie. Sachant que les auditions du Comité de pilotage ont commencé fin
septembre et qu’un rapport doit être remis au ministre à la mi-janvier nous
pensons que cette consultation, que nous jugeons expéditive, n’est organisée que
pour légitimer des décisions qui sont déjà prises.
La réflexion qui découlera de cette
consultation devrait inclure:
* l’assurance qu’en termes de moyens
humains (personnels formés et qualifiés), matériels et financiers, toutes
les conditions soient réunies avant la date d’une éventuelle modification.
* la gratuité de l'école pour tous les
enfants et, concernant le périscolaire, une participation modique en
fonction des ressources des familles avec des règles établies au plan national
et à terme la gratuité.
* une réflexion sur la journée et la durée
de la semaine scolaire (retour à 26 heures d’enseignement pour tous les
élèves de l’école élémentaire)
* une réflexion sur notre société, la place
qui sera donnée à l’enfant, les interactions entre rythmes scolaires et monde
du travail.
Tous ces aspects sont
développés dans nombre de nos publications nationales et un prochain numéro du
journal départemental de la CGT éduc’action CANTAL « L’émancipateur » sera
consacré en partie à cette question des rythmes scolaires.
D’autre part, en venant d’imposer une réforme injuste des retraites, en refusant
obstinément l’ouverture d’une négociation avec les syndicats sur ce sujet, le
gouvernement montre bien le peu de cas qu’il fait de nos avis, qu’ils
s’expriment dans la presse, dans la rue ou dans de pseudo concertations.
C’est pourquoi la CGT, dans les départements où elle a été
invitée (ce qui n'est pas le cas dans le Puy de Dôme entre autre...) ne
restera pas plus longtemps à ces tables rondes car nous savons que les dés sont
pipés, et que désormais la voix syndicale n’a plus la moindre audience auprès du
gouvernement, sur cette question comme sur d’autres .Il nous semble que Monsieur
Chatel a bien retenu les leçons de stratégie politique de son collègue Woerth en
matière de « consultations ».
Nous demandons donc, avant
d’envisager une discussion sur ce sujet important des rythmes scolaires,
l’ouverture d’une vraie négociation sur l’avenir des retraites et l’abandon de
la réforme qui vient d’être votée contre l’avis de la majorité de nos
concitoyens.
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