Appel de l’interfédérale de l’éducation

Grève nationale dans l’éducation le12 février
Le gouvernement ne rompt pas avec les politiques précédentes,
les salaires des fonctionnaires ne sont toujours pas revalorisés, les conditions
de vie et de travail continuent de se détériorer pour les élèves et les
personnels.
Le
projet de loi d’orientation sur l’école ne répond pas aux besoins de l’école
publique. Nous ne pouvons pas nous satisfaire de voir que les fondements
idéologiques mis en place par la loi Fillon de 2005, comme le socle commun, ne
sont pas remis en cause par ce projet de loi sur l’école.
Avec
le pilotage des cartes de formation professionnelle, la prise en charge des
services d’orientation par les régions et le transfert aux collectivités locales
de missions dans le premier degré, un cap supplémentaire sera franchi dans une
logique de territorialisation de l’école.
Contrairement
à ce qui est annoncé par Vincent Peillon, dans le premier degré, la réforme des
rythmes scolaires va dégrader les conditions d’apprentissage des élèves et de
travail des personnels.
Cette raison a conduit nos fédérations à voter contre le décret sur
l’aménagement du temps scolaire qui nous a été présenté.
La publication, par le ministre, de ce texte rejeté par l’écrasante majorité des
personnels et des collectivités territoriales est inacceptable.
Les fédérations FERC CGT, FNECFP FO, SUD
ÉDUCATION, CNT, réunies le lundi 28 janvier 2013, soutiennent les
initiatives qui ont déjà été prises et qui seront prises par les personnels
et leurs organisations syndicales.
Elles appellent les personnels à se réunir et à construire la mobilisation
par
Pour
une amélioration des conditions de travail et de rémunération,
Pour
l’abandon du projet de loi d’orientation sur l’école,
Pour
l’abrogation du décret sur les rythmes scolaires. Les fédérations syndicales
de l’éducation se retrouveront rapidement après le 12 février pour envisager
les suites à donner à cette action.
Sous la pression des enseignants, la FSU entre aussi
dans la bataille. Seuls l'UNSA et la CFDT semblent se satisfaire des
propositions de Peillons...
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Rythmes scolaires...
Contre-vérités
et réalités...
OUI,
les jours et les semaines d’école sont fatigants pour les élèves. Mais nous
avons toujours dit que les journées des enfants étaient trop longues dans leur
globalité, du lever très matinal au retour tardif à la maison le soir. Nous
rappelons que s’attaquer à la fatigue des élèves et à leurs rythmes effrénés
devait se faire dans une réflexion globale en prenant en compte les réalités
sociales et professionnelles des familles.
OUI
la semaine de 4 jours
instaurée par X. Darcos sans concertation est néfaste aux apprentissages, au
respect des temps de l’enfant. La CGT Educ’action a toujours été opposée à cet
aménagement qui visait à introduire l’Aide person-nalisée et justifier la
suppression des RASED, mais aussi à servir les intérêts de l’industrie du
tourisme. A aucun moment, le véritable intérêt des élèves, ni la volonté des
enseignants n’ont été considérés.
OUI
les enseignants ne vont pas
voir leur temps de service augmenter, mais oui on va leur demander de le faire
sur une journée supplémentaire. Cela veut dire qu’ils ne bénéficieront toujours
pas d’une diminution de leur temps de travail (plus de 40h/semaine reconnues par
tous) et qu’ils engageront des frais supplémentaires (transport, garde
d’enfants) sans revalorisation salariale et verront leur amplitude de travail
augmenter.
MAIS
NON
nous ne sommes pas dans un
conservatisme et « un corporatisme étriqué ». Nous pensons que, comme tout
travailleur, nous sommes en droit de faire valoir nos droits et nos
revendications quant à nos conditions de travail. Qui accepterait d’augmenter
ses frais de déplacement de 25 %, ses temps de déplacement hebdomadaires au
détriment de sa vie de famille, sans rien dire?
NON,
nous ne sommes pas égoïstes et uniquement préoccupés par la défense de nos
« avantages ». Et quels avantages ? Nous pensons aussi à nos élèves et à nos
enfants (car nous sommes aussi parents), à leurs familles. C’est pourquoi nous
disons non, leurs journées et leurs semaines ne seront pas allégées avec cette
réforme. L'immense majorité des enfants continuera de venir à l'école souvent
avant 8h30 et après 16h30, continuera de pratiquer des activités sportives et
culturelles qui seront déplacées à d’autres moments de la semaine, fréquenteront
des centres aérés avec des conditions d’encadrement dégradées... Donc non,
l’objectif premier de V. Peillon n’est pas atteint, ce qui nous inquiète et ce
qui inquiète les parents et les professionnels de santé.
NON,
la question ne pourra être résolue sans discuter concrètement de ce qui fatigue
les élèves : classes surchargées, programmes inadaptés à un enseignement
« digérable » par les élèves, temps de transport allongés dans les zones rurales
et les regroupements pédagogiques, conditions d’accueil et encadrement à la
cantine ou à la garderie… Comment se passeront les temps de sieste à la
maternelle si la pause méridienne est trop longue ? Les programmes doivent être
revus afin d’introduire des pratiques respectueuses des rythmes d’apprentissage
des élèves.
NON
l’égalité de traitement des
élèves dans les Activités Pédagogiques Complémentaires ne sera pas respectée.
Nous savons très bien que toutes les collectivités territoriales ne seront pas
en mesure d’offrir des activités artistiques, culturelles ou sportives de
qualité faute de moyens. Qui pourra prendre en charge les coûts en personnels
formés, en locaux qui soient dignes ?
NON
nous ne voulons pas qu’une
partie des missions de l’Education nationale soit externalisée et décentralisée
aux collectivités locales. C’est le caractère national de l'Education nationale,
fondement de notre institution, qui est remise en cause et nous le dénonçons.
Soyons clairs, nous avons
toujours dit que nous souhaitions une réforme des rythmes scolaires et qu’il y
avait urgence, pour les élèves et les enseignants. Mais nous avons toujours dit
qu’il ne fallait pas opposer élèves et enseignants et que la concertation soit
véritable. Il faut à tout prix déconnecter nos « temps de travail » respectifs.
En appliquant une véritable règle de « plus de maîtres que de classe », il est
possible d’encadrer les élèves sur des temps de classe aménagés sans défavoriser
les personnels.